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Le voyage des élèves du Lycée AMPERE (LYON) à Saint-Pétersbourg - Février 2009

vendredi 17 avril 2009

Le séjour des lycéens à Saint-Pétersbourg a donné naissance à cette touchante version personnelle.

Alma, Anna, Behaa, Cécile, Christophe, Clément, Clémentine, Elena, Farah, Julie, Juliette, Léonard, Léonor, Marie, Marie-Noëlle, Mathilde, Romain, Séda, Victor et moi même, élèves du Lycée Ampère, encadrés par madame R., madame L. et monsieur I. nous retrouvâmes de bon matin à l’aéroport Saint-Exupèry en ce Mercredi 4 Février 2009. Notre destination ? Saint-Petersbourg, Russie. Je pense qu’il serait fort dispensable de décrire l’enthousiasme dans lequel nous nous trouvons, il est aisément imaginable pour qui a un tant soit peu la notion de la valeur des choses. Le mien est particulièrement exacerbé, et ce voyage fut à la hauteur des mes attentes. Je vais vous dire pourquoi. >

> L’appareil de la Lufthansa reliant Lyon à Francfort décolle, et là, c’est le miracle... Nous ne sommes plus ici, mais là bas... au dessus des nuages, près du soleil... et là dessous, très petites, les Alpes. Très vite, Francfort est là. Changer de terminal prend un temps fou... Les tapis roulants sont légion, les couloirs interminables, les lumières d’ambiance se transforment... Une véritable épopée. Nous repartons très vite. Je regarde par le hublot tandis que nous nous éloignons vers l’Orient, et bientôt, au dessus de la Baltique, la nuit nous rattrape, l’horizon d’azur passe à rouge puis à bleu velours... une espèce d’angoisse, malgré moi, qui commence à me prendre à la gorge... Bientôt, je vois les lumières de la ville... >

> L’atterrissage est très rapide, la terre se rapproche se rapproche... Et soudain, le sol. Nous quittons l’appareil au terme de ces presque-trois heures de vol. Je saute les dernières marches de l’escalier jusqu’à même le sol : l’air est froid, vif, pénétrant, vivifiant... une impression de légèreté, et de la joie, brute... Pas de temps pour faire le mariole, une sorte de navette nous convoie jusqu’au poste d’immigration. Nous montrons patte blanche. Le questionnaire que nous avons rempli dans l’avion fait foi:nous ne transportons ni déchet radioactif ni objets d’art ni je-ne-sais-quoi de ce goût là. Je gratifie la dame en uniforme d’un magnifique « Zdrastvoujite » (« bonjour ») avant de continuer. Nous nous retrouvons bientôt convoyés sur la Varschavskaja Ulitsa (« rue de Varsovie ») où se trouve l’école où nous attendent nos correspondants. >

> Les blocs de béton défilent, défilent... Les rues et avenues sont carrées, immenses, et la neige est omniprésente. Nous arrivons à destination, je salue diverses personnes que j’avais déjà eu l’occasion, plus ou moins, de rencontrer... Avant que Katia, ma correspondante, et sa mère, Léna, ne me soient présentées. Le contact est de suite chaleureux. Elles m’expliquent qu’elles vivent à environ un quart d’heure de marche de là, et sans rien comprendre de plus je me retrouve au bras de ces deux personnes à serpenter entre les blocs d’habitation bâtis sous l’ère Khrouchtchev, à faire attention à ne pas glisser et à tenter de comprendre la conversation qui se déroule autour de moi. Le bloc où elles vivent se trouve être de taille plus modeste que ses voisins. Après la pénible ascension des sept ou huit étages dans une cage d’escalier où l’atmosphère est confinée, étouffante pour ne pas dire oppressante malgré le petit vasistas ouvert, je pénètre dans l’aimable deux pièces où vivent Katia, Léna et la mère de cette dernière, Véra. L’accueil que je trouvai là fut des plus chaleureux, et c’est l’âme en paix que je m’endormis. Les soirées sont particulières, à Piter. A travers les vitres de la minuscule cuisine le givre venait se coller, on ne pouvait que deviner la nuit, et j’étais là, hors du temps... Toujours une espèce de mélancolie... >

> Le lendemain, debout tôt le matin, pour passer une matinée à l’école. Dans le hall du bâtiment, le portrait de Dimitri Medvedev surplombe la salle. Epatant. Les écoles là bas regroupent tous les niveaux, en gros de notre CP à notre terminale. Le niveau est globalement plus élevé, notamment en mathématiques, les cours commencent rarement avant neuf heures, finissent rarement après quinze heures et ne durent que quarante cinq minutes, chaque cours étant séparé par un quart d’heure de pause. Quarante-cinq minutes sont accordées pour le repas. Dépaysement garanti. Le lendemain de ce jour là, nous serons d’ailleurs interviewés par une journaliste de l’hebdomadaire Petersbourgeois « tchas pik » sur des questions comme l’alcool, la drogue, l’Europe, le voyage... L’article sera d’ailleurs publié le jour même où nous rentrons en France. > L’après midi de cette même journée, nous visitâmes le palais de l’Ermitage mais y restâmes à peine une heure trente. Pour donner un ordre de grandeur, c’est un complexe constitué de quatre palais, autant dire que nous n’en avons presque rien vu. Plutôt joli... Un brise glace fendant la Neva gelée... Difficile de décrire... >

> Les jours se suivirent, sous le même ciel blanc qui semblait se fondre avec le sol. Il serait fastidieux pour le lecteur, je pense, que je décrive avec minutie les différents monuments visités, et les différentes anecdotes narrées par notre aimable guide, Galia, si somptueux et si intéressantes soient-elles. Comment résumer en un article tant de merveilles ? La Neva gelée sur laquelle nous pûmes marcher, la pénombre de la cathédrale où reposent les plus grands souverains russes, l’architecture remarquable d’églises comme celle de Saint Isaac, Saint Nicolas ou celle sur le Sang Versé, la beauté du chant religieux, les divers attrape-touristes qui fleurissent au coin des rues, les rats crevés, les problèmes de canalisation, ces quartiers féeriques autour de la Perspective Nevski, le monument aux héros du siège de Leningrad, le palais de Tsarskoïe Silo tout de marbre et d’ambre, les parcs enneigés, et ce canal qui part se perdre dans le brouillard jusqu’à la Baltique figée, l’austère hôtel de ville, des oeuvres d’art autant méconnues que magnifiques, un air de Tchaïkovski sur la neige, toujours cette neige, et la nuit, comment résumer tout cela dans un seul article ? >

> Ce qui mérite de s’y appesantir, c’est notre voyage éphémère à Moscou. Ainsi le Mardi 10 Février 2009, à précisément 23h59 nous nous trouvions dans l’Express en partance pour Moscou. L’ambiance fut bon enfant, c’était comme si tout le wagon était en fête. Jusqu’à quatre heures du matin je regardais le paysage défiler, la campagne russe, la vraie, recouverte de neige dans la nuit... un peu comme dans un conte de fée... Féerie pour une autre fois ? J’aurais personnellement un mal de chien à dormir, toujours le même refrain dans la tête... > A sept heures du matin, soit une heure avant notre arrivée, c’est un morceau de pop diffusé à priori dans tout le train qui réveille les voyageurs, et c’est l’effervescence. Moscou, Moscou, depuis le temps que j’en rêvais... Moscou, c’est une ville immense. Les stations de métro y sont superbes, de véritables objets d’art, et elles sont bondées, également. >

> Après un petit déjeuner dans un cadre agréable, j’ai nommé l’enseigne Mou-Mou (fait la vache), direction la Place du Manège... Et de l’autre côté de la porte de la Résurrection, j’ai nommé, la Place Rouge ! Le GOUM, la cathédrale Saint Basile, le Kremlin, le mausolée de Lénine, les stèles des héros soviétiques, tout est là ! Ainsi qu’un hideux préfabriqué en plastique bleu au milieu de la place. Au delà de la place, la vue est plongeante jusque sur Moscou, grise, active, la vraie Moscou ! Nous nous rendons sur les murailles du Kremlin en passant par un parc où deux soldats encadrent une flamme, mémoire de la deuxième guerre mondiale. Côté place du manège, les limites de ce parc sont délimitées par un enchevêtrement de balustrades en pierre, le tout surmonté de réverbères... Nous aurons l’occasion de repasser ici la nuit venue... Du cristal volant de le vide ? L’impression que ça produit plus ou moins... L’étoile du Kremlin nous guidera. >

> En bref, l’enceinte du Kremlin auquel j’eus pu accéder suite à une fouille des plus cocasses, se compose principalement d’églises, toutes plus imposantes les unes que les autres... Les fameux dômes dorés présents dans l’imagerie populaire lorsqu’on évoque la Russie, c’est au Kremlin qu’ils sont. Ensuite, nous profitons du temps libre qui nous est octroyé, deux camarades et moi, pour nous restaurer fissa afin d’aller rendre visite à Vladimir Illitch Oulianov dans son tombeau. Malheureusement, le garde du mausolée nous annonce « zavtra » (« demain »). Ma plus grande déception je crois. Je tue donc le temps en partageant de la nourriture avec une camarade, en visitant le GOUM, etc. >

> Nous partons ensuite pour une excursion en bus, pendant laquelle nous tombâmes quasiment tous dans le sommeil. Je résistai jusqu’au dernier quart d’heure. Il est dans Moscou certains panoramas qui appellent à une méditation assez profonde... Je ne sais comment les décrire... La nuit tomba entre temps. Nous longeâmes ensuite la rue de l’Arbat, attrape-touriste le plus étendu que je n’aie jamais vu. Il fait plutôt bon de flâner dans cette rue plutôt large, bien entretenue, bordée par de grands lampadaires. Nous rejoint ensuite la tante d’Anna qui nous convie au restaurant pour la soirée. Nous acceptons son invitation de bon coeur, et repartons, de l’Arbat jusqu’à après le Kremlin, à pied, jusqu’à l’endroit convenu... >

> Un cadre de luxe ! Plafond haut, baies vitrées immenses, fontaines, le tout au milieu d’un complexe commercial. Et la nourriture ! Et la qualité du service ! C’est un festin ! Je me sens intégrée à l’immensité du bâtiment, et j’aurais voulu que cette grande bouffe durât, à jamais. Pour remercier notre hôtesse nous nous cotisons et lui offrons un gigantesque bouquet de fleurs. C’est ça, le rêve russe. Mais la fin du repas annonce aussi le départ prochain de Moscou... C’est dans le métro que je versai quelques larmes sur Moscou, à qui je me sens désormais irrémédiablement liée...

> Le retour fut moins gai que l’aller, et nos forces nous ayant lâché, le lendemain et les jours suivants à Piter, la cadence fut plutôt dure à suivre... >

> Et déjà, le 15 Février il fallut quitter Piter... La route vers l’aéroport, je la fis à l’arrière d’un 4x4 noir, après avoir laissé Katia et Léna sur le bord du trottoir... Juste une grosse boule dans la gorge, une larme ou deux... Et à l’aéroport, dans le hall... Horrible... Décoller ? Un crève-coeur. Je passe sur la sensiblerie... Et bientôt, le soleil rougissant dans le ciel, sanglant, et une fois tout juste disparu, le sol... L’aéroport Saint-Exupéry, la fatigue, l’amertume, quelques « au revoir » furtifs et la nuit... >

> Merci à tous et à toutes pour ce voyage, merci aux lecteurs. >

> Bérangère ABRIC.



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